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Artistes et Mescladis

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Au coeur de la fête de toutes les langues:

découvrir la langue et la culture des Rroms sous toutes ses facettes (musique, cinema, poésie, histoire, etc)

vivre une soirée de concerts gratuits (sam 2 juillet) où 2 groupes sur 3 sont issus de la scène internationale "rrom" actuelle

dialoguer en direct avec des militants, des chercheurs, des écrivains, issus des communautés gitane, tsigane ou manouche


QUOI?


La fête des langues, organisée conjointement par MESCLADIS, l'association culturelle qui sévit depuis 16 ans dans le Bassin de Decazeville et 2KZ, l'association de jeunes decazevillois venus cette année la rejoindre dans cette aventure, est l'occasion de célébrer en pratique l'égalité de toutes les langues et cultures, et partant de là, l'égalité de tous les hommes et femmes de la planète. Et c'est l'occasion de le faire dans la plus grande convivialité, celle d'une fête populaire où se mêlent concerts gratuits, stands de langues tenus par de simples citoyens, débats publics, dégustation de plats issus de multiples traditions culinaires, etc, etc

En 2011, Mescladis et 2Kz placent la culture des Gitans, Manouches et autres Tsiganes au coeur de cette fête en faisant de la langue rromani et de la culture de tous les peuples de la grande famille des Rroms, l'invitée spéciale de la fête des langues. La langue rromani, comme le peuple rrom vient de l'Inde, et comme lui, elle s'est répandue depuis la fin du Moyen-Age aux quatre coins du Monde, et notamment en Europe. Certaines communautés de ce peuple dispersé l'ont "perdue" à cause d'une terrible repression, comme c'est le cas des Gitans qui parlent aujourd'hui des langues d'adoption (espagnol, catalan) qu'ils truffent néanmoins d'expressions nombreuses qui en sont issues. D'autres, par contre, comme les Manouches ou les Tsiganes l'utilisent tous les jours. Tous, cependant, la considèrent comme la référence majeure qui les constituent en tant que peuple, et tout un travail de standardisation, de publication, de diffusion, de création est aujourd'hui développé par des chercheurs, pédagogues, écrivains, militants, artistes, issus de ce peuple sans territoire propre.

Mescladis et 2KZ ont voulu leur donner la parole en permettant à un large public de venir les rencontrer au travers de la musique, du cinema ou de la poésie et dialoguer directement avec certains d'entre eux.


POURQUOI?


Il est vrai que ce peuple et cette culture ont un destin singulier. Entièrement issu d'une diaspora partie de l'Inde, ce peuple a depuis le XV eme siècle était contraint à la migration et à la dispersion sur notre continent, et particulièrement dans notre pays. Ce qui a fait de leur culture une des plus anciennes cultures transfrontalières d'Europe qui a influencé profondemment la culture, notamment musicale, de nos pays. Minoritaire partout, sans territoire de réference auquel se rattacher, ce peuple n'a jamais aspiré à la création d'un Etat, et de ce fait, n'a jamais pratiqué la guerre. Il a, par contre, été victime de nombreuses repressions, allant jusqu'à la mise en esclavage et, au XXème siècle jusqu'au génocide, triste sort qu'il a partagé avec le peuple juif, dans les camps d'extermination nazi. Aujourd'hui encore, ce peuple est marginalisé, stigmatisé, rejeté dans une misère immense, dans tout le continent européen. Et il n'est pas faux de dire qu'une grande incompréhension régne entre les populations "gadjé" majoritaires et les populations "rroms" minoritaires. Cette incompréhension est nourrie par une méconnaissnce mutuelle de ce que sont les uns et les autres, et elle est génératrice de petites hostilités, inimitiés qui peuvent dégénerer parfois en de véritables pogroms comme c'est le cas en de nombreux lieux d'Europe de l'Est et de l'Ouest où le racisme bat son plein. Cependant, et depuis toujours, aux côtés de ces incompréhensions, a toujours existé une certaine fascination pour le peuple Rrom, assimilé souvent à la liberté absolue, au voyage, à la poésie, à la "vie de Bohème", et son influence culturelle, notamment au travers de generations et de generations de musiciens particulièrement géniaux, a été fondamentale dans la vie culturelle européenne. Au delà de tous ces clichés positifs et négatifs, il semble important qu'une véritable connaissance (et confiance) mutuelle puisse voir le jour, et à notre modeste niveau, nous entendons bien y aider, d'autant plus que nous sommes dans un pays où des hommes politiques, jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, ont récemment contribué, par leurs déclarations et décisions, à faire des populations rroms de véritables boucs emissaires


COMMENT?


Vendredi 1er juillet:


au cinema "La Strada", projection de "Liberté" de Toni Gatlif, cinéaste français de culture rrom, auteur de films marquants tels que Gadjo Dilo ou Swing... Ce film qui traite, par la fiction, de la situation des familles tsiganes en France sous le régime de Vichy sera suivi d'un débat avec le réalisateur lui-même et avec Alain Daumas, président de L'Union Française des Associations Tsiganes ainsi que d'autres représentants rroms de France autour de la déportation des Gitans, Manouches, Sintis, Tsiganes vers les camps d'extermination nazie, sur la mémoire de ce génocide grandement passé sous silence, sur les stigmatisations actuelles que subit cette population. Des associations locales comme Accès ou des élus locaux sont aussi annoncés dans le débat


Samedi 2 juillet


15h30

Au coeur de la forum que représentent les stands de toutes les langues, à même la place Decazes, débat général sur le peuple et la culture rrom, ouvert à tous avec les intervenants de la veille au cinema, auxquels se rajouteront Marcel Courthiade, lingiste rrom, professeur à l'Inalco (ex-fac des Langues Orientales) de Paris, traducteur en français et occitan de nombreux écrivains en langue rromani, Helena Akimova, travailleuse sociale rrom de Slovaquie, Ivan Akimov, leader du collectif de musiciens rrom "Kesaj Tchavé", un membre de l'Union Rromani Internationale Des élus et associations du Bassin nous parleront aussi de la politique locale en matière d'accueil des "gens du voyage" (terme officiel utilisé en France et dont nous discuterons, par ailleurs, la justesse)


18h00

Au coeur d'un intermède poétique notamment consacré aux traductins anglaises de l'oeuvre du grand écrivain occitan Jean Boudou, lecture publique de plusieurs auteurs contemporains en langue rromani, avec traduction française et occitane (avec les voix de Helena Akimova, Marcel Courthiade, Jean-François Mariot)


20h30

Au coeur d'une soirée de grands concerts gratuits, en plein air et sur grande scène, 2 groupes représentatifs de la scène "rrom" contemporaine précèderont la prestation du groupe rock toulousain "Dirty Jane"( le seul groupe non rrom de la soirée, quant à lui):


TEKAMELI (Perpignan)


Groupe phare de la scène gitane catalane, entre rumba, flamenco et chants sacrés, Tekameli vient des quartiers gitans de Perpignan. Des voix sublimes et un rythme nourris par ce que le génie gitan a de plus profond accouchent d'une musique vivante qui oscille entre la fête et le recueillement, entre la tradition et la modernité. De quoi survolter le début de la soirée, avec en prime, ce message contenu dans le nom même du groupe... Tekameli, ça veut dire "je t'aime", dans cette belle langue kalo (variante hispanique de la langue rromani) qu'ils feront retentir au coeur d'un mélange savant de langues parlées par les gitans du Sud de la France, à la croisée du catalan, de l'espagnol, de l'occitan.


KESAJ TCHAVE (Slovaquie)


Kesaj Tchavé, c'est la fée des enfants, en langue rromani, mais c'est avant tout une histoire humaine qui tient du miracle. Ce collectif de fabuleux musiciens, chanteurs, danseurs rassemblant une trentaine de jeunes roms vivant dans des conditions de précarité extreme dans des bidonvilles de Slovaquie offrent un authentique cocktail de musique tsigane à l'état brut. Spontanéité, plaisir irrépressible de jouer et de donner, prouesses dans les changements de rythme, voix déchirantes font de chacun de leur concert un moment unique, et le public en ressort transformé par l'émotion. Déjà présents ici en 2008, tous ceux qui les avaient vus avaient envie qu'ils reviennent. Alexandre Romanès dit que "tout le monde devrait les voir et ainsi, le Monde irait mieux", c'est vous dire...



IMPORTANT

Au coeur du concert de Kesaj Tchavé, une rencontre et une création originale:

de jeunes paroliers, rappeurs, hip-hopeurs decazevillois, membres de 2kz, ont composé à l'occasion de la venue de Kesaj Tchavé une série de morceaux qu'ils ont ensuite retravaillés avec le groupe pendant 3 jours de résidence... ils vous offrent le fruit de cette rencontre entre jeunes, certes différents, mais partageant le même continent et la même envie de faire ensemble

avec la participation de Laurent Mayanobe+Jean-François Mariot (poème electro)et Frederic Regnouard (guitarre manouche





Photos

Fête des langues 2003

Exposition vernissage 2004

Fête des langues 2004

Fête des langues  2005

Fête des langues 2006

Fête des langues 2007

Fête des langues 2007 bis

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